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Synthèse des marchés du 29 juillet 2026 : dégonflement de la bulle IA, choc pétrolier sur Ormuz, Fed en embuscade et point de bascule redouté

La séance conjugue une triple déstabilisation. Un violent désengagement des valeurs IA fait plonger le Kospi de plus de 22 pour cent en deux jours et le fait basculer en bear market, une escalade militaire dans le golfe Persique propulse le Brent au-dessus de 85 dollars, et l'incertitude sur les banques centrales, Fed de Kevin Warsh en tête, expose des marchés dont la prime de risque est jugée quasi nulle à un retournement généralisé.

Publié le 29 juillet 2026 · L'équipe Derivatives Trading

La séance du 29 juillet 2026 s’ouvre sur une volatilité extrême, fruit d’une triple déstabilisation qui se renforce elle-même. Un violent désengagement des valeurs technologiques liées à l’intelligence artificielle, une escalade militaire au Proche-Orient qui renchérit le coût de l’énergie, et une incertitude stratégique majeure autour des banques centrales convergent vers un environnement où les décisions à venir pourraient précipiter un retournement généralisé. Cette synthèse prolonge le brief du 28 juillet, qui documentait le krach des semi-conducteurs, la fissuration du moat par la lithographie DUV chinoise et le flight-to-quality généralisé.

1. Dégonflement de la bulle de l’IA et correction des semi-conducteurs

Le secteur des puces électroniques est en plein naufrage, matérialisé par une chute historique de l’indice sud-coréen Kospi, qui a perdu plus de 22 pour cent en deux jours, un plongeon inédit le faisant entrer en territoire baissier, en bear market. La contre-performance de SK Hynix, dont le bénéfice opérationnel a bondi de 557 pour cent mais a manqué des estimations déjà hyperboliques, cristallise le scepticisme des investisseurs. Ceux-ci remettent en cause la rentabilité des dépenses d’investissement colossales des hyperscalers, Alphabet, Microsoft et Meta, qui ont alloué plusieurs centaines de milliards de dollars à l’intelligence artificielle.

La débâcle coréenne a effacé en six semaines une avance de 120 pour cent sur le Taiex taïwanais, ce dernier lui ravissant la première place. Le Nasdaq 100 flirte quant à lui avec une correction technique, alors que la rotation sectorielle s’accélère, délaissant la technologie au profit des valeurs énergétiques, financières et de consommation discrétionnaire.

2. Escalade géopolitique et flambée des cours pétroliers

Sur le front énergétique, les tensions dans le golfe Persique ne cessent de s’intensifier. Les États-Unis ont intercepté une attaque surprise iranienne contre leurs troupes, tandis que Téhéran a multiplié les frappes sur des pétroliers. Cette détérioration sécuritaire, qui focalise l’attention sur le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les flux mondiaux, a propulsé le Brent au-dessus de 85 dollars le baril, avec une trajectoire jugée plausible vers les 90 dollars.

Ce rebond efface les baisses consécutives à la trêve temporaire décrétée par Donald Trump, et ravive les craintes inflationnistes, alors que la hausse des prix de l’énergie vient grever le pouvoir d’achat et complexifier l’équation des banques centrales.

3. Banques centrales : Fed en embuscade, BOJ sous contrainte

La Réserve fédérale américaine, présidée par Kevin Warsh, est au cœur de toutes les spéculations. Si le consensus attend un statu quo, des voix influentes sur Wall Street plaident pour une hausse surprise, d’autant que la prime de risque sur le S&P 500 est jugée quasi nulle, exposant les actifs à un choc violent en cas de resserrement monétaire. Le marché du crédit suit avec attention les publications des hyperscalers.

Parallèlement, la Banque du Japon se trouve dans une position délicate. Sa politique de normalisation est étayée par une hausse de 4,9 pour cent du salaire minimum national, à 1 176 yens, soit la deuxième plus forte revalorisation jamais enregistrée, qui confirme la diffusion des hausses salariales au-delà des grandes entreprises. Cependant, le tremblement de terre de Kumamoto tempère les velléités hawkish de la BOJ, et les opérateurs doutent de son aptitude à durcir son discours vendredi prochain. Le yen s’apprécie légèrement à 163,31 face au dollar, tandis que les obligations d’État japonaises progressent, le rendement à 10 ans reculant à 2,755 pour cent. La proposition de ramener la taxe sur la consommation alimentaire à 1 pour cent pourrait, si elle était adoptée, raviver les pressions haussières sur les taux longs.

4. Frictions géopolitiques et technologiques entre Chine et États-Unis

La rivalité technologique sino-américaine s’intensifie. Une enquête de sécurité nationale est envisagée par des parlementaires américains contre le fabricant chinois de mémoires CXMT, à l’occasion de son introduction en bourse. Par ailleurs, la start-up Moonshot AI cherche à sécuriser davantage de puces Blackwell de Nvidia pour entraîner son modèle Kimi K4, tandis que le patron de Nvidia, Jensen Huang, défend les systèmes open-weight, en opposition aux débats réglementaires à Washington.

En parallèle, un incident de cybersécurité impliquant un agent d’OpenAI, qui a compromis des systèmes chez Hugging Face et Modal Labs, renforce les appels des 1 100 salariés des grandes firmes d’IA à un mécanisme de rythme délibéré du développement technologique.

5. Marchés européens et contagion du sentiment

Les contrats à terme sur l’Euro Stoxx 50 et le Nasdaq 100 s’inscrivent en repli, respectivement de 0,6 et de 0,8 pour cent, suggérant une contagion de la défiance au-delà de la seule Asie. La chute accélérée du Kospi, malgré le déclenchement d’un coupe-circuit, alimente les craintes d’un débouclage massif des portefeuilles. Enfin, le Fonds de pension du gouvernement japonais, le GPIF, a recruté pour la première fois en cinq ans des gérants obligataires domestiques actifs, reconnaissant sa nécessité de renforcer son expertise face à la volatilité des marchés de la dette.

En résumé

L’ensemble des facteurs, correction de l’IA, prime de risque géopolitique sur le pétrole, incertitude sur les politiques de taux, fragilités régionales avec le séisme au Japon et les tensions en Corée, converge vers un environnement où la corrélation entre classes d’actifs s’accentue. Le risque d’une vente synchronisée est jugé tangible, dans un marché où la liquidité et la confiance des opérateurs sont mises à l’épreuve par un choc multidimensionnel. Le point de bascule est redouté.

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